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mercredi 25 juillet 2012

Les souverainistes sont-ils racistes?

Tiré de l'article de Mathieu Bock-Coté  Journal de Montréal, Publié le: mardi 24 juillet 2012


Il devait en être candidat, mais Kamal G. Lufti s’est fait foutre à la porte de la CAQ. Il avait accusé sur Twitter les souverainistes de racisme. En fait, il accumulait les sottises avec autant de zèle que les fautes d’orthographe. François Legault a bien fait de se débarrasser de cet encombrant personnage. 

Convenons d’une chose : Kamal G. Lufti n’était pas un prix Nobel. Il a plutôt le profil du comiquement célèbre monsieur Pignon, celui qu’on invite à diner. On le fait parler pour faire rire les convives. Il ne déçoit jamais. Oui, comme dans le film auquel vous pensez.


ACCUSATIONS RÉVÉLATRICES

Pourtant, les accusations de Kamal G. Lufti sont révélatrices. Il veut dire du mal des souverainistes ? Il les accuse de racisme. Autrement dit, d’avoir la peste idéologique. De puer l’intolérance. De sentir la haine. « Raciste », c’est l’insulte de notre époque.
Mais il n’y a rien de plus galvaudé que le terme racisme. On l’utilise à tort et à travers. Sans savoir ce qu’il veut dire. Sans savoir à quoi il réfère. Sans savoir à quelle histoire horrible on rattache celui qui s’en fait accuser.

En quoi les souverainistes sont-ils racistes ? Kamal G. Lufti a sa réponse. Les souverainistes seraient racistes parce qu’ils s’opposent au multiculturalisme. Ah bon ? Multiculturaliste ou raciste, c’est ça l’alternative ? Merci de la nouvelle, bonhomme. Trudeau serait content.
Le multiculturalisme est une idéologie : elle repose sur l’inversion du devoir d’intégration. Auparavant, l’immigrant devait s’intégrer à la société d’accueil. En prendre le pli identitaire et culturel. Apprendre à dire « Nous » avec la majorité. On s’intégrait en s’appropriant une culture nationale.

Aujourd’hui, demander cela, c’est courir après les insultes. La société d’accueil doit plutôt multiplier les accommodements raisonnables. Renoncer à mettre de l’avant son identité. Partout en Occident, cette idéologie est en crise. Pourtant, pour Lufti, s’y opposer, c’est du racisme.

Accuser quelqu’un de racisme, c’est l’expulser du débat public. C’est le marquer du stigmate de l’intolérance. Un raciste, on ne lui parle pas, on le censure ou on le soigne. Mais on ne lui donne pas le droit de fonder un pays. L’accusation de racisme censure la critique du multiculturalisme.

Je l’ai dit, le mot raciste est galvaudé. Il suffit de plaider pour une réduction raisonnable des seuils d’immigration pour être accusé de racisme. Il suffit de rappeler qu’un peuple a son histoire et sa culture et que les immigrants doivent s’y intégrer pour recevoir la même accusation.
 

DÉSAGRÉABLE VÉRITÉ
 

Il suffit de plaider pour une limitation des accommodements « raisonnables » pour se faire accuser de racisme. Vous refusez d’accommoder les islamistes ? Raciste ! Vous refusez de changer le sapin de Noël en arbre des festivités ? Raciste ! Vous critiquez la discrimination positive ? Raciste !

En fait, l’accusation de monsieur Lufti nous rappelle une désagréable vérité. Pour certaines personnes, c’est le simple fait de s’affirmer comme peuple qui est du racisme. C’est le simple fait de dire son nom sans s’excuser qui mérite l’injure.

Pour certaines personnes, l’identité québécoise sera toujours de trop. Le Québec sera toujours de trop. Pardonnez-nous, messieurs les censeurs et autres twitteurs d’insultes, mais nous n’avons pas de permission à vous demander. Surtout pas celle d’exister.

dimanche 7 août 2011

Voile: une valeur canadienne

Tiré de la chronique de Richard Martineau du Journal de Montréal du 6 août 2011. Pas toujours d'accord avec ses propos mais cette fois, selon mes propres perceptions, il sonne les bonnes cloches. 

Avant-hier, quand le Journal a annoncé que Parcs Canada s’apprêtait à fournir à ses milliers d’employés des uniformes officiels leur permettant de porter le voile islamique ou le turban sikh, un confrère de travail s’est tourné vers moi et m’a dit : « C’est du bonbon pour toi, ça ! Tu vas certainement péter un plomb et écrire une chronique dénonçant cette décision ! »

UNE VALEUR CANADIENNE
Eh bien, non, cher ami, vous me connaissez mal. Pour tout vous dire, je suis plutôt content de cette décision. Elle a le mérite de mettre les choses au clair : au Canada, c’est comme ça que ça se passe.

Le multiculturalisme est LA politique officielle du pays. Comme l’a dit très candidement Natalie Fay, la porteparole de Parcs Canada : « Cette vision tient compte des valeurs des Canadiens. »

Vous voulez rester au Canada ? La souveraineté ne vous intéresse pas ? Eh bien, assumez-en les conséquences. Vous ne pouvez pas d’un côté, chialer contre les politiques et les valeurs canadiennes, et de l’autre, continuer à appuyer le fédéralisme.

Arrêtez d’agir comme des enfants gâtés.

Quand vous dites OUI au Canada, vous dites OUI au multiculturalisme… That’s it, that’s all. « Comme on fait son lit, on se couche », dit le proverbe…

UN ÉCHEC TOTAL
Le multiculturalisme est critiqué partout en Europe. En Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas… « L’approche multiculturelle (selon laquelle nous vivons côte à côte et nous nous en réjouissons) a échoué, totalement échoué, a lancé la chancelière allemande Angela Merkel en octobre 2010. Les immigrants doivent s’intégrer et adopter les valeurs allemandes. Les pays qui accueillent des immigrants sont en droit d’avoir des exigences envers eux… » Même remise en question en Angleterre :

« Nous devons être sûrs que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise, a dit Ruth Kelly, secrétaire aux Communautés.

Il est nécessaire de reconstruire des valeurs communes… » Mais ici, au Canada, on continue de croire les yeux fermés aux valeurs rédemptrices du multiculturalisme. « Permettez-leur de porter un voile et ils vont mieux s’intégrer… » Pas sûr…

UNE FORÊT D’ICEBERGS
Le Québec penche en faveur de la laïcité. Le Canada favorise le multicultu-
ralisme. Ces deux visions situées à l’opposé l’une de l’autre sont irrécon-
ciliables.

Comme l’a dit l’essayiste française Caroline Fourest, qui s’est intéressée de près à la « crise » des accommodements : « C’est comme si vous étiez à bord d’un paquebot et que vous vouliez contourner un iceberg.

Le Québec veut le contourner en empruntant la voie de la laïcité, alors que le Canada veut le contourner en empruntant la voie du multiculturalisme.
Le hic est que le chemin privilégié par le Canada mène tout droit à une forêt d’icebergs… » Vous n’aimez pas ça ? Changez de bateau. Sinon, fermez votre gueule et continuez de jouer du violon sur le pont du Titanic…

À VOUS DE CHOISIR
Comme je l’ai déjà écrit : le Canada veut que le pays se mette au diapason de ses minorités. Le Québec veut que les minorités se mettent au diapason du pays. C’est ça, la réalité.

À vous de choisir l’option que vous préférez…

jeudi 17 février 2011

Le Colisé de Jean Charest

Opinion - "L'économie du bling bling" .Richard  Martineau

Au milieu des années 90, Marcel Aubut s'était vu refuser des subventions pour ses Nordiques de Québec, tant par le gouvernement Libéral fédéral de Jean Chrétien que par le Parti Québécois de Jacques Parizeau. Les raisons étaient bien simples... On se voyait mal subventionner un projet d'une entreprise qui gère un groupe de multimillionnaires.


Une quinzaine d'années plus tard, l'idée de dépenser 200M$ pour les mêmes raisons à un moment où le peuple québécois doit subir 2% de hausse de la TVQ sur deux ans dans le seul but d’éponger un déficit créé en parties par une gestion déficiente et irresponsable semble une idée imaginative et ingénieuse.

Qu'est-ce qui motive donc le parti de Jean Charest à accepter de dépenser autant d’argent ?
Le hockey est-il un sport à ce point chéri par nos libéraux ? À un moment où il nous faudrait construire une montagne aux dimensions olympiques, ne serait-il pas prématuré de construire un amphithéâtre dans le but de séduire le Comité international olympique pour les jeux de 2022 ? Avons-nous vraiment besoin de chercher aussi loin ?


La région de Québec, jadis un château fort du Parti Québécois, est devenu en 2003 celui de l'ADQ. En 2007 le parti Québécois n’a pas vraiment réussi à rapatrier ses électeurs. L’ADQ étant devenu ce qu’il est en 2011, Jean Charest y voit probablement une belle occasion de flirter avec toute une région en taquinant le nerf sensible qu’est la passion du hockey pour la ville de Québec. C’est bien connu que le parti Libéral est passé maître dans l’art d’accorder des subventions à ceux qui le maintiendront au pouvoir. En subventionnant une ville entière, il pourra accomplir ce qu’il fait de mieux au vu et au su de tous.

lundi 10 mai 2010

Au lendemain du budget provincial 2010

M. Martineau,

Comme la majorité des citoyens québécois, j’arrive à peine à respirer depuis l’annonce du nouveau budget provincial. Tellement plein le dos de me faire emplir par toutes sortes de belles paroles mensongères depuis son arrivé au pouvoir il y a sept ans que j’ai fermé le téléviseur à peine 60 secondes après le début de l’apparition de Jean Charest au bulletin de nouvelles de TVA mercredi soir. À quoi bon écouter ce gars là, peu importe la question, la cassette est préparée d’avance et les vraie questions n’obtiennent jamais réponse. Vous me direz qu’ils sont tous pareils, je vous répondrai que c’est la première fois en 40 ans de vie adulte que j’en vois un comme lui.

Cette fois, les mots magiques qui servent à endormir sont «RESPONSABLE» et «
LES QUÉBÉCOIS NOUS ONT DIT QU’ILS NE VEULENT PAS ÊTRE LES SEULS À SE SERRER LA CEINTURE».

En 2003, alors qu’il bataillait pour acquérir le pouvoir, Jean Charest répétait en boucles que le Québec était la province la plus TAXÉE d’Amérique du Nord et que c’était une situation inacceptable pour les québécois. De la même manière, il répétait des milliers de fois que le Parti Québécois était le grand responsable des problèmes de santé au Québec, slogan qu’il a réutilisé à la corde en 2007 et qu’il utilise toujours d’ailleurs, sept ans plus tard pour camoufler son incompétence et son impuissance à redresser la situation. Ça prend dix minutes pour mettre un médecin à la retraite et dix ans pour en former un dit-il encore le plus sérieusement du monde. Il entretient encore le doute chez les esprits les plus faibles et il le sait très bien.

RESPONSABLE ?
Vous dites que les gens disent depuis des mois que le gouvernement doit mettre ses culottes et sortir la province de la dèche, vous avez tort. Ça ne fait pas des mois, mais des années que les gens demandent aux supposés administrateurs de gérer adéquatement. Plusieurs politiciens ont des formations en droits, je me demande si ces mêmes hommes et femmes ont obtenu un diplôme en gestion. Administrer ne veux pas nécessairement dire «augmenter les revenus», ça peux aussi vouloir dire «bien gérer l’argent et les structures en place». Avant d’ajouter toutes sorte de taxes aux surtaxés et de demander au peuple de se responsabiliser, pourquoi ne pas nous poser les questions suivantes :

Il était où notre gouvernement «RESPONSABLE» au cours des sept dernières années ? Où était-il lorsqu’on a accordé une prime de départ d'au moins 100 000$ à un commentateur sportif qui s’est travesti en employé du ministère des sports pour une seule année ? Où était ce même gouvernement «RESPONSABLE» pendant que d’autres primes de départ et primes aux rendements tout autant injustifiées étaient accordées aux responsables de la Caisse de Dépôt ? C'est sans compter celles aux bureaucrates de la santé, de l’éducation, des sociétés d’états comme la SAQ, la SAAQ et Hydro-Québec ? Où était M. Charest, ce grand «RESPONSABLE», pendant que les dirigeants des commissions scolaires se tapaient de somptueuses fêtes de fin et début d’année à nos dépend ? 

Où étaient «NOS GRANDS DIRIGEANTS RESPONSABLE» lorsqu’on a entrepris la construction de cette centrale électrique à Bécancourt qui a coûté au-delà d’un demi-milliard de dollars à construire en plus des sommes astronomiques pour l’entretenir depuis trois ans alors qu’elle ne sert absolument à rien depuis le début ? Que fait donc nos grands «RESPONSABLES» qui osent se qualifier de bâtisseurs en fantasmant sur un MÉGA centre hospitalier alors que la majorité des hôpitaux du Québec manquent de fonds, de médecins et d’infirmiers/ères et que plusieurs bâtiments tombent en ruines. ? Où était cette merveilleuse équipe de gestion «RESPONSABLE» pendant que la caisse de dépôt lapidait 40 milliards de dollars et que la Société Générale de Financement (SGF) engloutissait tout près de 520M au cours des deux dernières années dans des mauvais placements ? Encore là, c’est la faute de l’administration précédente disent t-ils…

M. Martineau, un peu comme la grippe H1N1, je doute que les répercussions de la récession aux États-Unis aient eues les effets que prévoyaient nos experts financiers pour le Canada et le Québec. Je suis loin d’être chevronné dans le domaine mais j’ai bien plus le sentiment que notre situation économique actuelle résulte de l’incompétence administrative gouvernementale que d’un déséquilibre causé par les décisions un peu trop audacieuses des banques américaines. Il faudrait peut-être comparer avec les autres provinces du pays pour connaître la réponse. Jean Charest prend le crédit pour le peu de conséquences qu’aura eu la crise chez nous tout en l’utilisant pour justifier la dèche dans laquelle nous nous trouvons. Aucun scrupule, il prend le beurre et l’argent du beurre…

Cet homme prétend qu’il pourrait regarder ces enfants dans les yeux et dire qu’il a fait la bonne chose pour le Québec, voila de bien belles valeurs à transmettre à sa progéniture. Ces jeunes grandiront avec la perception que leur père aura été un grand homme pendant que la réalité indique qu’il aura été probablement le plus incompétent des premiers ministres à avoir gérer le Québec. Il est certes un des plus ingénieux manipulateurs qu’il m’ait été de voir dans ma vie. Il était à l’opposition que déjà je le nommais «le vendeur de voiture d’occasion». Il semble avoir le Québec dans sa petite poche malgré ses déboires. Le Québec ne semble pas se souvenir de l’incroyable insatisfaction qu’a générée son parti auprès de la population durant presque trois ans au cours des quatre premières années de son règne. La dernière année, il s’est fait totalement invisible pour finalement se retrouver minoritaire pendant 18 mois, période où il s’est fait tout aussi discret. Pour endormir le bon peuple, il sélectionne un ou deux slogan et il n’en démord pas. Il les répète des milliers de fois sachant qu’ils finiront par s’intégrer au subconscient de la majorité. Il a un sapré pouvoir de persuasion, voilà son grand talent.

Je suis désolé M. Martineau, mais je n’adhère pas la théorie que les québécois doivent encore puiser dans leur poches de manière démesurée, du moins pas avant que les structures gouvernementales et la hiérarchie bureaucratique soient véritablement remises en question. Nous sommes la province a plus taxée en Amérique du Nord justement parce que les soins de santé sont gratuits. Le gouvernement fédéral avait choisi de réduire la TPS de 2% pour donner la chance aux canadiens de respirer un peu plus que déjà il était mentionné que Jean Charest finirait bien par s’en approprier. Il était clair dans mon esprit qu’il s’apprêtait à procéder le jour où il nia ce genre d’intentions devant les caméras. Il nous préparait à l’éventualité. Trop couard pour s’attaquer aux vrais problèmes qui le rendraient impopulaire aux yeux de ses vaches à lait il emprunte la solution facile qui aura le moins de répercussion pour lui et son parti. Pour M. Charest, le petit peuple n’a aucun pouvoir.

A-t-on oublié les effets pervers de l’augmentation démesurée du prix de l’essence sur le coût des produits et services il y a environ deux ans ? Je n’ai même pas de voiture, mais c’est en faisant mon épicerie que j’avais réalisé à quel point l’impact était sérieux. Un peu plus tard le prix de l’essence redescendait, mais pas le prix des produits. Que pensez-vous qu’il se produira si l’essence est majorée encore une fois et qu’en plus, les municipalités en fassent autant ? Mais encore là, si toutes les entreprises augmentent leurs prix pour contrer les nouvelles hausses d’essence et de taxes, le gouvernement s’en portera que mieux en empochant son 9,5% sur les prix encore plus élevés.

Et tout cela, au nom des générations à venir. Nous savons tous que les taxes et impôts sont là pour rester, les chances qu’elles soient un jour réduites sont assez minces. Je serais curieux de savoir le vrai pourcentage d’imposition imposé aux contribuables en calculant l’impôt, les taxes sur les produits et services, les taxes cachées et toutes ces façons détournées qu’a le gouvernement de venir puiser dans nos poches. Imaginer maintenant ce que sera la situation dans cinquante ans… Combien de hausse seront imposée jusque là ? Au rythme où vont les choses, il ne serait pas surprenant que les générations futures en viennent à être obliger de payer pour travailler sans salaire. 

vendredi 30 avril 2010

L'éternelle histoire de Jean Charest

Jadis, longtemps avant sa nomination à la tête du Parti Libéral du Québec, Jean Charest était ministre pour le parti progressiste conservateur du Canada.

Pendant un voyage en Nouvelle-Zélande lors des Jeux du Commonwealth en janvier 1990, M. Charest a dû démissionner du Cabinet pour être intervenu dans une cause juridique et avoir malencontreusement communiqué avec un juge dans une affaire concernant l’Association canadienne d’athlétisme.


Pour célébrer l’évènement,
Poste Canada a créé un timbre à son effigie.


Cependant, un problème de taille a été décelé,
le timbre ne colle pas aux enveloppes.

Particulièrement embarrassé le premier ministre ordonne immédiatement et exceptionnellement une enquête publique. Plusieurs mois et 12,3M$ plus tard, la commission d'enquête remettait les résultats suivants au gouvernement Libéral du Québec:

1. Le timbre est sans aucun doute en parfaite condition

2. La colle est ultra efficace

3. Le problème proviendrait du fait que les gens crachent sur le mauvais côté.

dimanche 9 novembre 2008

PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC

reconstruisons notre parti 17 avril 2007

PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC de Daniel Turp

Daniel Turp nous propose sa vision de la Constitution du Québec via son initiative constitutionnelle.

Qu'en pensez-vous ? Y voyez-vous une méthode étapiste pour procéder à la souveraineté ?


PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC
préparé par
Daniel Turp
Député de Mercier
Assemblée nationale du Québec
17 avril 2007

CONSTITUTION DU QUÉBEC

PRÉAMBULE
CONSIDÉRANT que le Québec possède des caractéristiques propres et témoigne d’une continuité historique enracinée dans son territoire sur lequel il exerce ses droits par l’entremise d’un État doté d’une Assemblée nationale, d’un gouvernement et de tribunaux indépendants et impartiaux;

CONSIDÉRANT que le Québec est fondé sur des assises constitutionnelles qu’il a enrichies au cours des ans par l’adoption de plusieurs lois fondamentales et par la création d’institutions démocratiques qui lui sont propres;

CONSIDÉRANT que le Québec est libre d'assumer son propre destin, de déterminer son statut politique et d'assurer son développement;

LE PARLEMENT DU QUÉBEC DÉCRÈTE CE QUI SUIT :

CHAPITRE I
DU QUÉBEC
1. Le Québec est une société libre et démocratique.

Le Québec est un État de droit.

Le Québec est une terre où les personnes sont libres et égales en dignité et en droits.

Le Québec fait du français sa langue officielle.

Le Québec assure la promotion et la protection de la culture québécoise.

Le Québec contribue au maintien de la paix et de la sécurité internationale et favorise le progrès social, le développement économique et la diversité des expressions culturelles dans le monde.

Le Québec agit selon les principes du développement humain et du développement durable.

CHAPITRE II
DE LA CITOYENNETÉ DU QUÉBEC
2. Toute personne détenant le statut de citoyen ou de citoyenne du Canada et domiciliée au Québec acquiert la citoyenneté du Québec.

CHAPITRE III
DU TERRITOIRE DU QUÉBEC
3. Le Québec exerce des compétences sur l’ensemble de son territoire.
Le territoire du Québec et ses frontières ne peuvent être modifiés qu'avec le consentement de l’Assemblée nationale du Québec.

Le gouvernement du Québec doit veiller au maintien et au respect de l'intégrité territoriale du Québec.

CHAPITRE IV
DU PATRIMOINE DU QUÉBEC
4. Le Québec préserve et met en valeur l’ensemble de son patrimoine naturel et culturel, notamment son patrimoine archéologique, architectural, archivistique, artistique, ethnologique, historique et religieux.

CHAPITRE V
DE LA CAPITALE DU QUÉBEC
5. La capitale nationale du Québec est la Ville de Québec.

CHAPITRE VI
DE LA LANGUE DU QUÉBEC
6. Le français est la langue officielle du Québec.

CHAPITRE VII
DES SYMBOLES DU QUÉBEC
7. Le drapeau du Québec est formé d’une croix blanche sur fond bleu accompagnée, dans chaque canton, d’une fleur de lis blanche ou, en termes héraldiques, d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lys du même.

L’arbre emblématique du Québec est le bouleau jaune. La fleur emblématique du Québec est l’iris versicolore. L’oiseau emblématique du Québec est le harfang des neiges.

La devise du Québec est « Je me souviens ».

Les armoiries du Québec utilisent un tiercé en fasce; d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or; de gueules, à un léopard d'or, armé et lampassé d'azur; d'or, à une branche d'érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ.

CHAPITRE VIII
DES DROITS ET LIBERTÉS AU QUÉBEC
8. Les articles 1 à 48 de la Charte des droits et libertés de la personne (L.R.Q., chapitre C-12) font partie intégrante de la présente Constitution.

La Charte doit être interprétée de manière à ne pas supprimer ou restreindre la jouissance ou l'exercice d'un droit ou d’une liberté de la personne qui n'y est pas inscrit. Elle ne doit pas être interprétée de manière à augmenter, restreindre ou modifier la portée d'une disposition de la loi. Si un doute surgit dans l'interprétation d'une disposition de la loi, il est tranché dans le sens indiqué par la Charte.

Les droits et libertés s'exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l'ordre public et du bien-être général des citoyens et des citoyennes du Québec.

Les droits et libertés s'exercent également dans le respect de l’égalité des citoyens et des citoyennes et de la laïcité des institutions publiques du Québec.

La loi peut fixer la portée et aménager l’exercice des droits et libertés.

Aucune disposition d'une loi ne peut déroger à la Charte à moins que cette loi n'énonce expressément que cette disposition s'applique malgré la Charte. Les articles de la Charte correspondant aux articles des engagements internationaux à l’égard desquels aucune dérogation n’est permise ne peuvent être visés par une telle disposition.

CHAPITRE IX
DES COMPÉTENCES DU QUÉBEC
9. Le Québec exerce une compétence exclusive dans les matières suivantes :

1º la santé et les services sociaux;
2º l’éducation et la culture, notamment les communications, la langue, le loisir et les sports;
3º l’économie et l’environnement, notamment les affaires municipales, l’habitation, la politique de la main-d’oeuvre, les ressources naturelles, le tourisme, l’agriculture, le développement régional, l’énergie, l’industrie, le commerce, la recherche et le développement;
4º le soutien aux personnes et à la famille, notamment les affaires sociales, la politique familiale, l’assurance-emploi et la sécurité du revenu;
5º l’administration de la justice;
6º la sécurité publique.

Le Québec exerce une compétence partagée avec le Canada dans les matières suivantes :

1º les affaires autochtones;
2º l’immigration;
3º les institutions financières;
4º la justice;
5º les pêcheries;
6º les transports.

Le Québec exerce une compétence partagée avec le Canada dans le domaine de la fiscalité et du revenu et détient la compétence exclusive de perception des taxes sur les produits et services et sur les impôts perçus par le Canada sur le territoire du Québec.

Le Québec exerce une compétence dans les matières non spécifiquement énumérées dans la présente Constitution et dans la Constitution du Canada.

Le Québec exerce la compétence sur les relations internationales dans toutes les matières qui ressortissent aux compétences prévues par le présent article.

CHAPITRE X
DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC
10. L’Assemblée nationale adopte les lois et surveille l'action du gouvernement.

L’Assemblée nationale approuve les engagements internationaux importants du Québec.

L’Assemblée nationale se compose de 125 députés et députées. Ce nombre peut être modifié par la loi pour tenir compte de l'évolution démographique du Québec.

L’élection des députés et des députées se fait selon un mode de scrutin de type proportionnel.

L'élection générale a lieu à tous les quatre ans à date fixe. Elle se tient le deuxième lundi de mai.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’Assemblée nationale sont prévues par la loi.

CHAPITRE XI
DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
11. Le gouvernement est l'organe qui détermine et conduit la politique générale du Québec. Il assure l'exécution des lois et dispose, conformément à la loi, du pouvoir réglementaire.

Le gouvernement négocie les engagements internationaux du Québec et assure la représentation du Québec auprès des États et des institutions internationales.

La Première ministre ou le Premier ministre dirige le gouvernement et préside le Conseil exécutif.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement du gouvernement sont prévues par la loi.

CHAPITRE XII
DES TRIBUNAUX DU QUÉBEC
12. La Cour du Québec et la Cour supérieure du Québec sont les tribunaux de première instance
ayant compétence en matière civile, criminelle et pénale ainsi que dans les matières relatives à la jeunesse.

La Cour d’appel du Québec est le tribunal d’appel ayant compétence à l'égard de toutes les causes, matières et choses susceptibles d'appel.

La nomination des juges de la Cour du Québec et de la Cour supérieure du Québec se fait par la ou le ministre de la Justice; celle des juges de la Cour d'appel se fait par la Première ministre ou le Premier ministre sur recommandation de la ou du ministre de la Justice.

Les tribunaux sont indépendants et impartiaux. Les juges sont inamovibles et ne peuvent contre leur gré faire l’objet d’une mutation, d’une suspension ou d’un congédiement qu'en vertu d'une décision judiciaire et dans la seule forme et pour les seuls motifs prescrits par la loi.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement des tribunaux sont prévues par la loi.

CHAPITRE XIII
DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DU QUÉBEC
13. Tout projet de loi de révision de la présente Constitution peut être présenté par la Première ministre ou le Premier ministre ou par au moins 25 % des députés et des députées de l’Assemblée nationale

Le projet de loi de révision doit obtenir une majorité des deux tiers des députés et députées de l’Assemblée nationale.

CHAPITRE XIV
DE SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION DU QUÉBEC
14 Les dispositions de la présente Constitution l’emportent sur toutes règles du droit québécois qui leur sont incompatibles.

CHAPITRE XV
DE LA CONTINUITÉ DU DROIT ET DES CONVENTIONS CONSTITUTIONNELLES
15. Le droit et les conventions constitutionnelles applicables au Québec au moment de l’entrée en vigueur de la présente Constitution continuent de s’appliquer dans la mesure où leurs dispositions sont compatibles avec celle-ci et tant qu’elles ne sont pas modifiées conformément à la loi.

mercredi 1 octobre 2008

La pertinence du Bloc québécois


Paul Piché, Auteur-compositeur
Réjean Bergeron, Philosophe

Édition du lundi 22 septembre 2008

Ceux qui, à chaque élection, remettent en question la pertinence du Bloc québécois font preuve de suffisance et d'un certain mépris à l'endroit de tous les Québécois qui, d'élection en élection et de manière parfaitement démocratique, élisent depuis 18 ans ce parti souverainiste à Ottawa. Comme si les Québécois avaient voté sur un coup de tête dans le passé et qu'ils n'avaient de cesse de répéter leur erreur. Nous voulons répondre ici à ceux qui oublient.

Le Bloc, faut-il le rappeler, est porteur d'une blessure, d'une cicatrice infligée par l'histoire, par les fédéralistes, celle du rapatriement de 1982 et de l'échec de l'Accord du lac Meech. Ainsi, le Bloc, contrairement à ce que l'on dit, n'est pas uniquement là pour défendre les intérêts des Québécois, mais aussi pour marquer la présence d'une proportion importante de Québécois qui ne se reconnaissent plus dans le Canada, qui veulent en sortir et qui se souviennent... La présence du Bloc n'est donc pas un accident de parcours, encore moins un caprice, mais le résultat d'un long processus historique, de notre histoire que l'on est porté à oublier.

Un handicap pour la fédération

Les fédéralistes, eux, sont particulièrement enclins à oublier, parce que si le rejet de la spécificité québécoise demeure une blessure pour les Québécois, il est un handicap important pour les fédéralistes qui ne tentent même plus de justifier notre maintien dans une fédération qui n'a jamais voulu sérieusement nous reconnaître.

Plus un politicien, plus un chroniqueur ne nous vante les mérites de cette fédération, leur argumentaire se limitant souvent au fait que les Québécois ne veulent pas de référendum. On décortique des sondages, on analyse le manque de ferveur et, si la cause souverainiste connaît un regain, on en relativise la portée. Mais de véritables défenseurs du Canada, il n'y en a plus. L'inutilité du Bloc, son vieillissement ou l'impossibilité pour lui de prendre un jour le pouvoir sont des éléments de ce pauvre arsenal qui reste aux fédéralistes et qui s'inscrit bien dans cette stratégie d'évitement des vrais enjeux.

Un rôle à jouer

Le Canada aurait-il répondu aux attentes traditionnelles du Québec sans que l'on s'en rende compte? La Constitution aurait-elle été signée en catimini par l'Assemblée nationale, y aurait-on enchâssé les concepts de société distincte ou encore de nation québécoise comme par magie? Non! D'où la présence et la pertinence du Bloc à Ottawa.

Mais en attendant, même s'il ne sera jamais au pouvoir, cela ne veut pas dire que le Bloc n'a pas un rôle à jouer à Ottawa. Car si le Bloc n'avait pas été là au cours des dernières années, qui aurait exprimé cette fracture, qui aurait véhiculé et fait entendre les valeurs des Québécois, leurs aspirations fondamentales sur la scène fédérale?

En agissant pour Kyoto, le déséquilibre fiscal, le registre des armes à feu, la guerre en Irak et en Afghanistan et en poursuivant son travail aujourd'hui au sujet de l'application de la loi 101 dans les institutions fédérales au Québec, de la censure au cinéma et des compressions dans le secteur culturel, le Bloc est le seul réel représentant, non seulement des valeurs québécoises mais aussi des divers consensus qui se dégagent à l'Assemblée nationale du Québec. Par essence, les autres partis fédéralistes sont inaptes à jouer un tel rôle. D'ailleurs, ils n'ont aucune crédibilité lorsqu'ils tentent de le faire.

Impertinent?

Aux yeux des fédéralistes québécois, le Bloc est un impertinent simplement parce qu'il les oblige à aller, sinon au bout de leur logique, au moins au bout de leurs revendications. Aujourd'hui, le premier ministre du Québec Jean Charest nous ramène le hochet de la souveraineté culturelle. Croit-il vraiment que cette revendication pourrait faire son chemin à Ottawa sans le Bloc? Ce sont d'ailleurs eux qui permettent au Bloc de courtiser le vote fédéraliste puisque aucun autre parti sur la scène fédérale ne voudra défendre le dossier de la souveraineté culturelle même s'il est porté par le premier ministre du Québec en personne.

Au début de la campagne électorale, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, faisait de la reconnaissance de la nation québécoise dans la Constitution du Canada une priorité. Gilles Duceppe, le prenant au pied de la lettre, et appuyé par Pauline Marois et le PQ dans sa démarche, l'a aussitôt mis au défi de déposer une motion à l'Assemblée nationale, promettant que si la motion était adoptée, il se ferait un devoir de la faire suivre à Stephen Harper à la Chambre des communes afin que les belles paroles de ce dernier sur la reconnaissance de la nation québécoise aillent au-delà du symbole. Oups! Tout à coup, Dumont déclare que ce dossier n'est plus prioritaire pour lui...

Expression de la nation

Ainsi, le Bloc québécois a comme fonction de faire tomber les masques, d'immuniser les Québécois contre le chant des sirènes au service d'Ottawa qui depuis toujours tentent de berner la population.

Mais n'oublions pas, avant tout, que le Bloc québécois est la seule expression politique de ce que nous avons nommé la «nation québécoise». Si cette nation existe, il est tout à fait légitime qu'elle ait une voix dans un Parlement à qui elle laisse, pour l'instant, le soin de gérer une bonne partie de son avoir, tout en caressant le rêve, un jour, d'en assumer seule la gouvernance. Quant à nous, nous voterons pour le Bloc québécois le 14 octobre.