samedi 1 mai 2010

La convergence Québecor

Ça doit être ça la convergence...

Cette semaine, du bout des lèvres, une toute petite mention d’à peine 15 secondes à TVA sur cette poursuite de BELL pour un montant de 50 millions de dollars le 28 avril 2010. Pas de journaliste sur place, pas de questions adressées aux dirigeants concernés non plus. Bell accuse l’entreprise de Québecor de présenter des publicités mensongères. J’ai eu beau feuilleter tous les pages du Journal de Montréal des six derniers jours à la recherche d’un petit bout de texte qui traiterait de l’évènement, pas un seul mot n’a été publié. 

Le journal de Montréal n’est-il pas le grand dénonciateur au service du peuple ?

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BELL POURSUIT VIDEOTRON
jeudi 29 avril 2010 à 8H18

Bell Canada poursuit Vidéotron pour publicité mensongère. Le géant de la téléphonie accuse son concurrent de faire de la fausse représentation en affirmant offrir le service Internet haute vitesse le plus rapide.

Les deux partis étaient face à face devant le tribunal hier. Bell souhaite que la Cour émette une injonction pour que les publicités de Vidéotron - où l'entreprise affirme offrir «le service d'accès Internet le plus rapide et le plus fiable» - cessent d'être diffusées et réclame 50 millions de dollars de dommages.

Concrètement, la vitesse de téléchargement de Bell serait 7 fois plus rapide que celle de Vidéotron en amont. En revanche, la vitesse de téléchargement de Vidéotron serait la plus rapide en aval puisque son forfait Très grande vitesse assure jusqu'à 50 mbps/s de téléchargement, alors que le forfait comparable de Bell en offre 25 mbps/s.

De fait, le service de Vidéotron serait plus avantageux quand on télécharge des documents de l'extérieur vers l'intérieur, alors que celui de Bell serait plus avantageux dans le sens inverse. Les deux services conviendraient donc à deux types de clientèles. En effet, pour les particuliers, c'est la vitesse de téléchargement en aval (de l'extérieur vers l'intérieur) qui est la plus importante, alors que pour les entreprises c'est l'inverse.

Bell en a également contre les publicités de Vidéotron concernant la fiabilité du signal de télévision où son concurrent use du slogan «Bénéficiez du service numérique le plus fiable, beau temps, mauvais temps», comme on peut le voir dans cette publicité:

Vidéo - Pub Vidéotron - Hockey


Pour Bell, c'est une publicité mensongère, car la disponibilité de son service de télévision numérique par satellite excèderait 99,9%.

vendredi 30 avril 2010

L'éternelle histoire de Jean Charest

Jadis, longtemps avant sa nomination à la tête du Parti Libéral du Québec, Jean Charest était ministre pour le parti progressiste conservateur du Canada.

Pendant un voyage en Nouvelle-Zélande lors des Jeux du Commonwealth en janvier 1990, M. Charest a dû démissionner du Cabinet pour être intervenu dans une cause juridique et avoir malencontreusement communiqué avec un juge dans une affaire concernant l’Association canadienne d’athlétisme.


Pour célébrer l’évènement,
Poste Canada a créé un timbre à son effigie.


Cependant, un problème de taille a été décelé,
le timbre ne colle pas aux enveloppes.

Particulièrement embarrassé le premier ministre ordonne immédiatement et exceptionnellement une enquête publique. Plusieurs mois et 12,3M$ plus tard, la commission d'enquête remettait les résultats suivants au gouvernement Libéral du Québec:

1. Le timbre est sans aucun doute en parfaite condition

2. La colle est ultra efficace

3. Le problème proviendrait du fait que les gens crachent sur le mauvais côté.

mardi 31 mars 2009

Je ne me souviens plus

30 mars 2009 par Joseph Facal

Vous savez tous ce qui est écrit sur nos plaques d’immatriculation. Je me demande des fois si nous ne devrions pas être logiques avec nous-mêmes et revenir aux anciennes plaques qui disaient : La Belle Province.

Une vaste enquête menée auprès de 3119 répondants par les historiens Jocelyn Létourneau et David Northrup nous apprenait cette semaine que, de tous les Canadiens, les francophones du Québec sont les moins intéressés par leur propre histoire.

Cet intérêt était mesuré par la pratique (ou non) d’activités comme faire des recherches historiques sur Internet ou visiter un musée.

Jocelyn Létourneau poursuit depuis des années un travail sans ligne de démarcation très claire entre le militantisme en faveur de l’unité canadienne et la recherche universitaire. Mais il ne faut pas tirer sur le messager simplement parce que le message déplaît.

Le constat semble en effet aussi solide que brutal : ces Québécois qui se disent fiers de leur identité forgée par 400 ans de durs combats seraient de grands parleurs, mais de bien petits faiseurs. Comme ces gens qui font baptiser leurs enfants, mais qui ne vont jamais à l’Église.

Les deux historiens n’ont pas comparé les connaissances historiques des Canadiens des différentes provinces. Mais on peut présumer qu’elles reflètent le degré d’intérêt : si une chose ne vous semble pas importante, pourquoi feriez-vous un effort pour en savoir plus ?

J’expliquais l’autre jour à un de mes étudiants que cent-vingt ans avant Mario Dumont, Honoré Mercier parlait déjà d’«autonomie» pour le Québec. Son copain était persuadé que la Crise d’Octobre 1970 fut une récession économique. Et que le Québec fait partie d’un pays dont il n’a jamais signé la Constitution fut pour eux une révélation.

Comment les souverainistes pourraient-ils convaincre de quitter le Canada des gens qui ne savent pas ce que ce régime a fait subir aux francophones ?

Évidemment, toutes les sociétés modernes sont amnésiques. La vitesse des changements, l’arrivée d’immigrants qui ont leur propre histoire, l’accent mis sur une éducation «rentable», tout cela efface le passé.

Partout en Occident, on ne vit que pour le moment présent. L’évocation du passé passe pour une nostalgie un peu quétaine. Pour être branché, il faut «se-projeter-dans-l’avenir.» Comme si l’un devait exclure l’autre.

On ne se voit plus, ou si peu, comme le produit des générations antérieures. Logiquement, on ne se soucie donc pas non plus de ce qu’on va léguer à ceux qui nous suivront. C’est notamment pour cela que nous vivons à crédit depuis quarante ans.

Mais pourquoi est-ce que cela semble plus fort au Québec ? Après tout, Barack Obama cite Abraham Lincoln trois fois par jour.

On nous a longtemps présenté notre passé comme une Grande Noirceur. Alors pourquoi s’intéresser à quelque chose d’aussi négatif ?

Les défaites référendaires ont aussi désillusionné bien des baby-boomers qui ont trouvé consolation dans le nombrilisme cynique, comme les personnages des films de Denys Arcand.

Le déclin de la pratique religieuse fut peut-être rapide chez nous, mais nous continuons à voir le monde d’une manière religieuse. Nous avons donc embrassé la modernité avec la ferveur et le manque de sens critique des croyants.

Évidemment, quand vous ignorez votre passé, vous refaites les mêmes erreurs. Et quand vous ne savez pas qui vous êtes, vous devenez ce que les autres veulent que vous deveniez.

Est-ce vraiment grave ? Il faudrait demander aux Cajuns ou aux Acadiens, parce qu’au Québec, rien n’est jamais grave. Sauf évidemment si le Canadien ne faisait pas les séries.

dimanche 9 novembre 2008

PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC

reconstruisons notre parti 17 avril 2007

PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC de Daniel Turp

Daniel Turp nous propose sa vision de la Constitution du Québec via son initiative constitutionnelle.

Qu'en pensez-vous ? Y voyez-vous une méthode étapiste pour procéder à la souveraineté ?


PROJET DE CONSTITUTION DU QUÉBEC
préparé par
Daniel Turp
Député de Mercier
Assemblée nationale du Québec
17 avril 2007

CONSTITUTION DU QUÉBEC

PRÉAMBULE
CONSIDÉRANT que le Québec possède des caractéristiques propres et témoigne d’une continuité historique enracinée dans son territoire sur lequel il exerce ses droits par l’entremise d’un État doté d’une Assemblée nationale, d’un gouvernement et de tribunaux indépendants et impartiaux;

CONSIDÉRANT que le Québec est fondé sur des assises constitutionnelles qu’il a enrichies au cours des ans par l’adoption de plusieurs lois fondamentales et par la création d’institutions démocratiques qui lui sont propres;

CONSIDÉRANT que le Québec est libre d'assumer son propre destin, de déterminer son statut politique et d'assurer son développement;

LE PARLEMENT DU QUÉBEC DÉCRÈTE CE QUI SUIT :

CHAPITRE I
DU QUÉBEC
1. Le Québec est une société libre et démocratique.

Le Québec est un État de droit.

Le Québec est une terre où les personnes sont libres et égales en dignité et en droits.

Le Québec fait du français sa langue officielle.

Le Québec assure la promotion et la protection de la culture québécoise.

Le Québec contribue au maintien de la paix et de la sécurité internationale et favorise le progrès social, le développement économique et la diversité des expressions culturelles dans le monde.

Le Québec agit selon les principes du développement humain et du développement durable.

CHAPITRE II
DE LA CITOYENNETÉ DU QUÉBEC
2. Toute personne détenant le statut de citoyen ou de citoyenne du Canada et domiciliée au Québec acquiert la citoyenneté du Québec.

CHAPITRE III
DU TERRITOIRE DU QUÉBEC
3. Le Québec exerce des compétences sur l’ensemble de son territoire.
Le territoire du Québec et ses frontières ne peuvent être modifiés qu'avec le consentement de l’Assemblée nationale du Québec.

Le gouvernement du Québec doit veiller au maintien et au respect de l'intégrité territoriale du Québec.

CHAPITRE IV
DU PATRIMOINE DU QUÉBEC
4. Le Québec préserve et met en valeur l’ensemble de son patrimoine naturel et culturel, notamment son patrimoine archéologique, architectural, archivistique, artistique, ethnologique, historique et religieux.

CHAPITRE V
DE LA CAPITALE DU QUÉBEC
5. La capitale nationale du Québec est la Ville de Québec.

CHAPITRE VI
DE LA LANGUE DU QUÉBEC
6. Le français est la langue officielle du Québec.

CHAPITRE VII
DES SYMBOLES DU QUÉBEC
7. Le drapeau du Québec est formé d’une croix blanche sur fond bleu accompagnée, dans chaque canton, d’une fleur de lis blanche ou, en termes héraldiques, d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lys du même.

L’arbre emblématique du Québec est le bouleau jaune. La fleur emblématique du Québec est l’iris versicolore. L’oiseau emblématique du Québec est le harfang des neiges.

La devise du Québec est « Je me souviens ».

Les armoiries du Québec utilisent un tiercé en fasce; d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or; de gueules, à un léopard d'or, armé et lampassé d'azur; d'or, à une branche d'érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ.

CHAPITRE VIII
DES DROITS ET LIBERTÉS AU QUÉBEC
8. Les articles 1 à 48 de la Charte des droits et libertés de la personne (L.R.Q., chapitre C-12) font partie intégrante de la présente Constitution.

La Charte doit être interprétée de manière à ne pas supprimer ou restreindre la jouissance ou l'exercice d'un droit ou d’une liberté de la personne qui n'y est pas inscrit. Elle ne doit pas être interprétée de manière à augmenter, restreindre ou modifier la portée d'une disposition de la loi. Si un doute surgit dans l'interprétation d'une disposition de la loi, il est tranché dans le sens indiqué par la Charte.

Les droits et libertés s'exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l'ordre public et du bien-être général des citoyens et des citoyennes du Québec.

Les droits et libertés s'exercent également dans le respect de l’égalité des citoyens et des citoyennes et de la laïcité des institutions publiques du Québec.

La loi peut fixer la portée et aménager l’exercice des droits et libertés.

Aucune disposition d'une loi ne peut déroger à la Charte à moins que cette loi n'énonce expressément que cette disposition s'applique malgré la Charte. Les articles de la Charte correspondant aux articles des engagements internationaux à l’égard desquels aucune dérogation n’est permise ne peuvent être visés par une telle disposition.

CHAPITRE IX
DES COMPÉTENCES DU QUÉBEC
9. Le Québec exerce une compétence exclusive dans les matières suivantes :

1º la santé et les services sociaux;
2º l’éducation et la culture, notamment les communications, la langue, le loisir et les sports;
3º l’économie et l’environnement, notamment les affaires municipales, l’habitation, la politique de la main-d’oeuvre, les ressources naturelles, le tourisme, l’agriculture, le développement régional, l’énergie, l’industrie, le commerce, la recherche et le développement;
4º le soutien aux personnes et à la famille, notamment les affaires sociales, la politique familiale, l’assurance-emploi et la sécurité du revenu;
5º l’administration de la justice;
6º la sécurité publique.

Le Québec exerce une compétence partagée avec le Canada dans les matières suivantes :

1º les affaires autochtones;
2º l’immigration;
3º les institutions financières;
4º la justice;
5º les pêcheries;
6º les transports.

Le Québec exerce une compétence partagée avec le Canada dans le domaine de la fiscalité et du revenu et détient la compétence exclusive de perception des taxes sur les produits et services et sur les impôts perçus par le Canada sur le territoire du Québec.

Le Québec exerce une compétence dans les matières non spécifiquement énumérées dans la présente Constitution et dans la Constitution du Canada.

Le Québec exerce la compétence sur les relations internationales dans toutes les matières qui ressortissent aux compétences prévues par le présent article.

CHAPITRE X
DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC
10. L’Assemblée nationale adopte les lois et surveille l'action du gouvernement.

L’Assemblée nationale approuve les engagements internationaux importants du Québec.

L’Assemblée nationale se compose de 125 députés et députées. Ce nombre peut être modifié par la loi pour tenir compte de l'évolution démographique du Québec.

L’élection des députés et des députées se fait selon un mode de scrutin de type proportionnel.

L'élection générale a lieu à tous les quatre ans à date fixe. Elle se tient le deuxième lundi de mai.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’Assemblée nationale sont prévues par la loi.

CHAPITRE XI
DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC
11. Le gouvernement est l'organe qui détermine et conduit la politique générale du Québec. Il assure l'exécution des lois et dispose, conformément à la loi, du pouvoir réglementaire.

Le gouvernement négocie les engagements internationaux du Québec et assure la représentation du Québec auprès des États et des institutions internationales.

La Première ministre ou le Premier ministre dirige le gouvernement et préside le Conseil exécutif.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement du gouvernement sont prévues par la loi.

CHAPITRE XII
DES TRIBUNAUX DU QUÉBEC
12. La Cour du Québec et la Cour supérieure du Québec sont les tribunaux de première instance
ayant compétence en matière civile, criminelle et pénale ainsi que dans les matières relatives à la jeunesse.

La Cour d’appel du Québec est le tribunal d’appel ayant compétence à l'égard de toutes les causes, matières et choses susceptibles d'appel.

La nomination des juges de la Cour du Québec et de la Cour supérieure du Québec se fait par la ou le ministre de la Justice; celle des juges de la Cour d'appel se fait par la Première ministre ou le Premier ministre sur recommandation de la ou du ministre de la Justice.

Les tribunaux sont indépendants et impartiaux. Les juges sont inamovibles et ne peuvent contre leur gré faire l’objet d’une mutation, d’une suspension ou d’un congédiement qu'en vertu d'une décision judiciaire et dans la seule forme et pour les seuls motifs prescrits par la loi.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement des tribunaux sont prévues par la loi.

CHAPITRE XIII
DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DU QUÉBEC
13. Tout projet de loi de révision de la présente Constitution peut être présenté par la Première ministre ou le Premier ministre ou par au moins 25 % des députés et des députées de l’Assemblée nationale

Le projet de loi de révision doit obtenir une majorité des deux tiers des députés et députées de l’Assemblée nationale.

CHAPITRE XIV
DE SUPRÉMATIE DE LA CONSTITUTION DU QUÉBEC
14 Les dispositions de la présente Constitution l’emportent sur toutes règles du droit québécois qui leur sont incompatibles.

CHAPITRE XV
DE LA CONTINUITÉ DU DROIT ET DES CONVENTIONS CONSTITUTIONNELLES
15. Le droit et les conventions constitutionnelles applicables au Québec au moment de l’entrée en vigueur de la présente Constitution continuent de s’appliquer dans la mesure où leurs dispositions sont compatibles avec celle-ci et tant qu’elles ne sont pas modifiées conformément à la loi.