samedi 1 mai 2010

Vidéotron manipulerait-il sa clientèle ?

En parallèle à l'article précédent,
quelque chose qui me chicotte depuis tellement longtemps.


Est-ce que vous savez qu’aucune loi au Québec ne régit les tarifs en télécommunications ? En 2005, j’ai tenté d’obtenir des précisions concernant ces normes qui permettent à une entreprise comme Vidéotron de gonfler le prix des abonnements internet pour ensuite offrir des rabais de jumelages ou d’engagements. Un outil incroyable de marketing qui incite à la consommation et qui retient l’usager de force sous peine de pénalités importantes. Bien entendu, le méga fournisseur vous dira que vous ête libre d'aceppter ou non l'engagement...  Ils ont comprit depuis longtemps que le client s'abonne rarement pour une courte période, incitant ce dernier à accepter sans trop se soucier...  Un jour arrive l'imprévu, le client doit interrompre le service et se voit prit à la gorge. Celui qui ne veux pas voir son crédit entacher doit payer et Videotron fait encore plus d'argent en imposant une pénalité qui compense pour le prix (59.95$) qu'aucune autre entreprise exige dans le domaine des communications. Il faut préciser qu'ils ne sont plus les seuls à utiliser cette pratique, d'autres ont emboîtés le pas depuis.  

Alors que la majorité des fournisseurs Internet au Québec offre des connexions «haute vitesse» pour 39,95$/mois ou moins, Videotron exige 59,95$ pour les mêmes services. On ramène ensuite le coût du service à la normalité en vous incitant à un abonnement câble ou téléphonique et en exigeant que vous n’irai pas voir ailleurs pendant une période déterminée. 

J’ai communiqué avec l’Office de la Protection du Consommateur.
Sous prétexte que le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) régissait toutes les lois en matière de télécommunication, le représentant qui a communiqué avec moi m’a informé que l’organisation qu'il représentait ne pouvait intervenir.


Au CRTC, Mme Peggy Nebout m’a répondu ce qui suit :

«Le conseil du CRTC ne réglemente ni les tarifs, ni la qualité des services, ni les pratiques commerciales des fournisseurs de services Internet. Elle me propose de communiquer avec l’Office de la Protection du Consommateur ou d’écrire une lettre à mon député. Le problème de non réglementation semble être spécifiquement relié aux télécommunications régit par le fédéral. Services téléphoniques, cellulaires, Internet, etc…»

Chez Videotron, M. Yan Lachapelle du Services administratifs me répond :

«D'abord, nous croyons important de préciser que Vidéotron ne gonfle aucunement ses tarifs. Les tarifs varient d'un fournisseur à l'autre puisque les technologies utilisé, les limites de téléchargement, les vitesses de téléchargement, la disponibilité du soutien technique et les services complémentaire peuvent variés. C'est pourquoi il ne faut pas comparer les prix uniquement, mais l'ensemble des caractéristiques qui compose un service. Nos tarifs actuels, ainsi que nos rabais attribués sont parmi les plus compétitifs.»


Ailleurs dans le monde
Dans ses publicités Videotron donne l’impression d’être le service le plus rapide et le plus abordable de la planête avec ses 50 mbits/s à 60$. En France pour environ 40$ canadien, le fournisseur vous permet d'obtenir les trois services, soit une connexion de 100 mbits/s, le téléphone et le câble.

Plus près de nous au Québec
Un autre fournisseur offre un service Internet légèrement moins rapide que Videotron, mais en revanche, contrairement à cette dernière qui limite sa bande passante en avale et en amont à 30GO, les téléchargements sont illimités. Le prix du service se situe à 29.99$ mensuellement. 

La convergence Québecor

Ça doit être ça la convergence...

Cette semaine, du bout des lèvres, une toute petite mention d’à peine 15 secondes à TVA sur cette poursuite de BELL pour un montant de 50 millions de dollars le 28 avril 2010. Pas de journaliste sur place, pas de questions adressées aux dirigeants concernés non plus. Bell accuse l’entreprise de Québecor de présenter des publicités mensongères. J’ai eu beau feuilleter tous les pages du Journal de Montréal des six derniers jours à la recherche d’un petit bout de texte qui traiterait de l’évènement, pas un seul mot n’a été publié. 

Le journal de Montréal n’est-il pas le grand dénonciateur au service du peuple ?

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BELL POURSUIT VIDEOTRON
jeudi 29 avril 2010 à 8H18

Bell Canada poursuit Vidéotron pour publicité mensongère. Le géant de la téléphonie accuse son concurrent de faire de la fausse représentation en affirmant offrir le service Internet haute vitesse le plus rapide.

Les deux partis étaient face à face devant le tribunal hier. Bell souhaite que la Cour émette une injonction pour que les publicités de Vidéotron - où l'entreprise affirme offrir «le service d'accès Internet le plus rapide et le plus fiable» - cessent d'être diffusées et réclame 50 millions de dollars de dommages.

Concrètement, la vitesse de téléchargement de Bell serait 7 fois plus rapide que celle de Vidéotron en amont. En revanche, la vitesse de téléchargement de Vidéotron serait la plus rapide en aval puisque son forfait Très grande vitesse assure jusqu'à 50 mbps/s de téléchargement, alors que le forfait comparable de Bell en offre 25 mbps/s.

De fait, le service de Vidéotron serait plus avantageux quand on télécharge des documents de l'extérieur vers l'intérieur, alors que celui de Bell serait plus avantageux dans le sens inverse. Les deux services conviendraient donc à deux types de clientèles. En effet, pour les particuliers, c'est la vitesse de téléchargement en aval (de l'extérieur vers l'intérieur) qui est la plus importante, alors que pour les entreprises c'est l'inverse.

Bell en a également contre les publicités de Vidéotron concernant la fiabilité du signal de télévision où son concurrent use du slogan «Bénéficiez du service numérique le plus fiable, beau temps, mauvais temps», comme on peut le voir dans cette publicité:

Vidéo - Pub Vidéotron - Hockey


Pour Bell, c'est une publicité mensongère, car la disponibilité de son service de télévision numérique par satellite excèderait 99,9%.

vendredi 30 avril 2010

L'éternelle histoire de Jean Charest

Jadis, longtemps avant sa nomination à la tête du Parti Libéral du Québec, Jean Charest était ministre pour le parti progressiste conservateur du Canada.

Pendant un voyage en Nouvelle-Zélande lors des Jeux du Commonwealth en janvier 1990, M. Charest a dû démissionner du Cabinet pour être intervenu dans une cause juridique et avoir malencontreusement communiqué avec un juge dans une affaire concernant l’Association canadienne d’athlétisme.


Pour célébrer l’évènement,
Poste Canada a créé un timbre à son effigie.


Cependant, un problème de taille a été décelé,
le timbre ne colle pas aux enveloppes.

Particulièrement embarrassé le premier ministre ordonne immédiatement et exceptionnellement une enquête publique. Plusieurs mois et 12,3M$ plus tard, la commission d'enquête remettait les résultats suivants au gouvernement Libéral du Québec:

1. Le timbre est sans aucun doute en parfaite condition

2. La colle est ultra efficace

3. Le problème proviendrait du fait que les gens crachent sur le mauvais côté.

mardi 31 mars 2009

Je ne me souviens plus

30 mars 2009 par Joseph Facal

Vous savez tous ce qui est écrit sur nos plaques d’immatriculation. Je me demande des fois si nous ne devrions pas être logiques avec nous-mêmes et revenir aux anciennes plaques qui disaient : La Belle Province.

Une vaste enquête menée auprès de 3119 répondants par les historiens Jocelyn Létourneau et David Northrup nous apprenait cette semaine que, de tous les Canadiens, les francophones du Québec sont les moins intéressés par leur propre histoire.

Cet intérêt était mesuré par la pratique (ou non) d’activités comme faire des recherches historiques sur Internet ou visiter un musée.

Jocelyn Létourneau poursuit depuis des années un travail sans ligne de démarcation très claire entre le militantisme en faveur de l’unité canadienne et la recherche universitaire. Mais il ne faut pas tirer sur le messager simplement parce que le message déplaît.

Le constat semble en effet aussi solide que brutal : ces Québécois qui se disent fiers de leur identité forgée par 400 ans de durs combats seraient de grands parleurs, mais de bien petits faiseurs. Comme ces gens qui font baptiser leurs enfants, mais qui ne vont jamais à l’Église.

Les deux historiens n’ont pas comparé les connaissances historiques des Canadiens des différentes provinces. Mais on peut présumer qu’elles reflètent le degré d’intérêt : si une chose ne vous semble pas importante, pourquoi feriez-vous un effort pour en savoir plus ?

J’expliquais l’autre jour à un de mes étudiants que cent-vingt ans avant Mario Dumont, Honoré Mercier parlait déjà d’«autonomie» pour le Québec. Son copain était persuadé que la Crise d’Octobre 1970 fut une récession économique. Et que le Québec fait partie d’un pays dont il n’a jamais signé la Constitution fut pour eux une révélation.

Comment les souverainistes pourraient-ils convaincre de quitter le Canada des gens qui ne savent pas ce que ce régime a fait subir aux francophones ?

Évidemment, toutes les sociétés modernes sont amnésiques. La vitesse des changements, l’arrivée d’immigrants qui ont leur propre histoire, l’accent mis sur une éducation «rentable», tout cela efface le passé.

Partout en Occident, on ne vit que pour le moment présent. L’évocation du passé passe pour une nostalgie un peu quétaine. Pour être branché, il faut «se-projeter-dans-l’avenir.» Comme si l’un devait exclure l’autre.

On ne se voit plus, ou si peu, comme le produit des générations antérieures. Logiquement, on ne se soucie donc pas non plus de ce qu’on va léguer à ceux qui nous suivront. C’est notamment pour cela que nous vivons à crédit depuis quarante ans.

Mais pourquoi est-ce que cela semble plus fort au Québec ? Après tout, Barack Obama cite Abraham Lincoln trois fois par jour.

On nous a longtemps présenté notre passé comme une Grande Noirceur. Alors pourquoi s’intéresser à quelque chose d’aussi négatif ?

Les défaites référendaires ont aussi désillusionné bien des baby-boomers qui ont trouvé consolation dans le nombrilisme cynique, comme les personnages des films de Denys Arcand.

Le déclin de la pratique religieuse fut peut-être rapide chez nous, mais nous continuons à voir le monde d’une manière religieuse. Nous avons donc embrassé la modernité avec la ferveur et le manque de sens critique des croyants.

Évidemment, quand vous ignorez votre passé, vous refaites les mêmes erreurs. Et quand vous ne savez pas qui vous êtes, vous devenez ce que les autres veulent que vous deveniez.

Est-ce vraiment grave ? Il faudrait demander aux Cajuns ou aux Acadiens, parce qu’au Québec, rien n’est jamais grave. Sauf évidemment si le Canadien ne faisait pas les séries.